Chers compagnons de route,

En moins d’un an, pour la deuxième fois, nous voici confrontés à la nécessité de nous présenter face à la barbarie plus forte sur nos bases que sont les valeurs de notre république sociale et laïque.

Parce qu’elle prévoit une communauté de destin pour tous ses enfants, la République doit nous permettre de répondre par toujours plus de fraternité, de justice, avec pour première préoccupation de prévenir les risques de fracture qui pourraient se présenter sous l’impulsion des uns ou des autres.

La pire des réponses serait le chacun pour soi ou chacun pour sa « communauté ». De part nos engagements nous avons bien sûr une position singulière à occuper et un message à faire entendre. Ce matin, on voit déjà certains chercher à désigner, stigmatiser des individus qu’il faudrait mettre à l’écart avant même que ne soit avéré ce pourquoi on les soupçonne. Dès demain on verra les risques de repli se multiplier.

Rappelons-nous que le combat n’est jamais fini. Nous ne sommes pas tous exposés de la même façon. Nous devons donc ouvrir le dialogue partout où il peut se dérouler pour aider à ce que la cohésion ne soit pas rompue à l’occasion de ces interpellations qui nous atteignent au plus profond de ce que nous sommes. Ceux qui aujourd’hui nous menacent n’ont pas la chance que nous avons de savoir que les valeurs sur lesquelles est bâti le contrat social de notre république sont incontournables et ne sauraient être négociées !

La laïcité, parce qu’elle prévoit la cohabitation de tous dans le respect de chacun, doit nous permettre de répondre à l’obscurantisme qui nous menace de l’intérieur comme de l’extérieur. Sachons la proposer aujourd’hui comme hier pour que demain ceux qui nous succèderont puissent à leur tour partager ce grand défit d’un vivre ensemble pacifié.

L’émotion qui nous traverse est légitime. Les valeurs que nous partageons doivent nous permettre d’être à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés. Je vous propose d’ouvrir dès aujourd’hui une veille des initiatives que nous aurons à prendre sur nos territoires pour que la cohérence de nos actions puisse nous rendre encore plus forts.

J’aimerais pouvoir penser que vous bénéficiez de ce que m’apporte votre existence dans ma vie en ce jour terrible : le sentiment que les responsabilités que vous m’avez confiées m’interdisent de me laisser aller au désespoir et à la haine. L’humanité est toujours plus grande lorsqu’elle sait reconnaître en chaque femme et chaque homme une sœur et un frère potentiels. Ces responsabilités nous devons les investir ensemble pour faire de ces épreuves la raison de renforcer nos convictions.

Ecrit le matin du 15 novembre 2015 par

François Millien ,

Président de la Ligue de l’enseignement

Centre-Val-De-Loire et de la FOL28

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